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Syndrome de l'intestin irritable (SII) : comprendre ses symptômes et agir sur le terrain digestif

Douleurs abdominales, ventre gonflé, gaz, spasmes, diarrhée, constipation… Lorsque ces troubles deviennent récurrents, ils peuvent évoquer un syndrome de l’intestin irritable (SII).

Également appelé côlon irritable, intestin irritable ou colopathie fonctionnelle, le syndrome de l’intestin irritable est un trouble chronique du fonctionnement intestinal. Il appartient aujourd’hui à la famille des troubles de l’interaction intestin-cerveau.

Le SII n’est pas associé à une lésion visible de l’intestin, mais ses symptômes sont bien réels et peuvent parfois avoir un impact important sur le confort digestif, l’énergie et la qualité de vie.

Ses mécanismes sont complexes et peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre. C’est pourquoi une approche individualisée est particulièrement importante.

Image de Sasun Bughdaryan

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

Selon les critères diagnostiques actuellement utilisés, le syndrome de l’intestin irritable associe principalement des douleurs abdominales récurrentes à une modification du transit intestinal.

Les symptômes sont généralement présents depuis au moins 6 mois, avec des douleurs abdominales survenant en moyenne au moins un jour par semaine au cours des 3 derniers mois.

Ces douleurs sont associées à au moins deux éléments parmi les suivants :

  • une relation avec la défécation ;

  • une modification de la fréquence des selles ;

  • une modification de la forme ou de la consistance des selles.

On distingue plusieurs formes de syndrome de l’intestin irritable :

  • avec constipation prédominante ;

  • avec diarrhée prédominante ;

  • avec alternance de constipation et de diarrhée ;

  • des formes ne correspondant pas clairement à l’une de ces catégories.

Quels sont les symptômes du syndrome de l’intestin irritable ?

Les manifestations peuvent varier d’une personne à l’autre et évoluer par périodes.

Les symptômes digestifs les plus fréquents

On retrouve notamment :

  • douleurs abdominales ou crampes ;

  • spasmes intestinaux ;

  • ballonnements ;

  • sensation de ventre gonflé ou tendu ;

  • gaz et flatulences ;

  • inconfort après les repas ;

  • constipation ;

  • diarrhée ;

  • alternance de diarrhée et de constipation ;

  • sensation d'évacuation incomplète.

La douleur peut être ressentie à différents endroits de l’abdomen et son intensité peut fluctuer au cours de la journée.

Chez certaines personnes, les symptômes apparaissent ou s’intensifient particulièrement après les repas.

Pourquoi l’intestin devient-il irritable ?

Il n’existe pas une cause unique du syndrome de l’intestin irritable.

Les connaissances actuelles montrent plutôt une combinaison de plusieurs mécanismes pouvant intervenir à des degrés différents selon les personnes.​​​​​

Modification du Péristaltisme

Le péristaltisme correspond aux contractions permettant aux aliments et aux selles de progresser dans le tube digestif. Dans le SII, cette motricité peut être perturbée. Un transit trop rapide peut favoriser la diarrhée, tandis qu’un ralentissement du transit favorise davantage la constipation.

Microbiote intestinal et dysbiose
 

Le microbiote intestinal regroupe les milliards de micro-organismes vivant dans notre tube digestif. Des modifications de sa composition, appelées dysbiose intestinale, sont observées chez certaines personnes souffrant de syndrome de l’intestin irritable. Selon le terrain, il peut donc être intéressant de s’intéresser à l’équilibre du microbiote, tout en gardant à l’esprit qu’il n’existe pas un profil unique de microbiote caractéristique du SII.

Hypersensibilité intestinale

Chez certaines personnes, l’intestin devient particulièrement sensible. Une quantité de gaz ou une distension intestinale normalement peu perceptible peut alors provoquer : douleur ; spasmes ; sensation de pression ; ballonnements importants. On parle alors d’hypersensibilité viscérale.

Perméabilité intestinale
 

Des travaux montrent également que certaines personnes atteintes de SII peuvent présenter une augmentation de la perméabilité de la barrière intestinale, parfois associée à des mécanismes immunitaires ou inflammatoires locaux. Ce phénomène n’est cependant ni systématique ni, à lui seul, un moyen de diagnostiquer un syndrome de l’intestin irritable.

Axe intestin-cerveau

L’intestin et le cerveau communiquent en permanence par l’intermédiaire du système nerveux, du système hormonal et de différents médiateurs chimiques. Le syndrome de l’intestin irritable est aujourd’hui considéré comme un trouble de l’interaction intestin-cerveau. Cela permet notamment de comprendre pourquoi le stress, les émotions ou l’anxiété peuvent amplifier les symptômes digestifs, sans pour autant signifier que le trouble est « uniquement psychologique ».

Activation immunitaire de l'intestin

Chez certaines personnes, une activation persistante du système immunitaire intestinal pourrait participer à l’hypersensibilité et aux troubles digestifs. Ce phénomène est notamment observé dans certaines formes de syndrome de l’intestin irritable post-infectieux, apparaissant après une gastro-entérite. Cette activation de faible intensité peut interagir avec le microbiote, la barrière intestinale et le système nerveux digestif, contribuant ainsi à entretenir les symptômes.

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Le SII peut-il provoquer des symptômes en dehors de l’intestin ?

Le syndrome de l’intestin irritable peut s’accompagner d’autres manifestations, même si celles-ci ne sont pas spécifiques du SII.

Certaines personnes rapportent notamment :

  • fatigue ;

  • fatigue après les repas ;

  • douleurs dorsales ou lombaires ;

  • troubles du sommeil ;

  • maux de tête ;

  • augmentation des symptômes en période de stress ;

  • anxiété ;

  • baisse de moral ou symptômes dépressifs ;

  • sensation générale de manque d’énergie.​

Le SII est également fréquemment associé à d’autres troubles fonctionnels digestifs.

Syndrome de l’intestin irritable : rechercher les facteurs qui entretiennent les symptômes​

Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble complexe dont les manifestations peuvent être influencées par plusieurs facteurs. La prise en charge est donc généralement multifactorielle et personnalisée.

Selon les symptômes et le terrain de chacun, l’accompagnement peut notamment s’intéresser à :

  • l’alimentation et la digestion : identification des aliments mal tolérés et adaptation temporaire de l’alimentation lorsque cela est pertinent, notamment concernant les FODMAP ;

  • le microbiote intestinal : recherche d’un éventuel déséquilibre pouvant contribuer aux ballonnements, gaz ou troubles du transit ;

  • l’état inflammatoire et la barrière intestinale, lorsque le contexte clinique le suggère ;

  • le fonctionnement digestif et hépatique ;

  • le système nerveux et émotionnel, en particulier lorsque le stress, l’anxiété ou la charge émotionnelle amplifient les symptômes ;

  • certains facteurs métaboliques, comme un trouble de la fonction thyroïdienne pouvant influencer le transit.

L’objectif est de rechercher les éléments susceptibles de déclencher, amplifier ou entretenir les symptômes, afin de proposer une stratégie progressive et adaptée à chaque personne.

Vous souffrez de ballonnements, douleurs abdominales ou troubles du transit ?

 

Une approche individualisée peut permettre de mieux comprendre les facteurs qui influencent votre digestion et d’établir une stratégie adaptée à votre situation.L’objectif : ne pas seulement chercher à faire taire le symptôme, mais comprendre les différents mécanismes susceptibles d’entretenir votre inconfort digestif afin d’agir de façon progressive et personnalisée.

FAQ sur le SII

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